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humanitaire

 

Solidarité Enfants de Beslan


 


Beslan, 01 septembre 2004 (suite)

 

 

AVERTISSEMENT

 

le contenu de l'enquête qui suit comporte des photographies extrêmement violentes et perturbantes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties.

 

Nous déconseillons fortement le visionnage de cette enquête en présence d'enfants ou de personnes sensibles

 

 

 

 

2eme partie

 

 

Vers 10h30 un "Quartier Général" est mis en place pour gérer la crise. Il est d'abord dirigé par le président d'Ossétie du Nord, Alexandre DZASOKHOV, qui est presque immédiatement remplacé par le chef du FSB en Ossétie du Nord, Valery ANDREEV.

Valery ANDREEV, chef du FSB en Ossétie du Nord.

Entre 11h00 et 12h00 , les terroristes font sortir  Larisa MAMITOVA une femme otage et l'envoient en émissaire pour porter un message aux autorités.

 

Larisa MAMITOVA
La feuille où est inscrit le message des terroristes.
Traduction du message apporté par Larisa MAMITOVA

La confusion entre "RUSHAILO" et "ROSHAL" :

 

Larisa MAMITOVA, qui écrit le message, est très nerveuse et n'entend pas bien ou ne comprend pas bien ce que "POLKOVNIK" (Ruslan KHUCHBAROV) lui demande d'écrire. Elle croit qu'il lui demande de faire venir le célèbre pédiatre, Leonid ROSHAL, qui a participé en tant que "négociateur" à la prise d'otages du théatre de la DOUBROVKA à Moscou, le 23 octobre 2002 et où se jouait la célèbre comédie musicale russe "Nord-Ost".

 

 

Voici la réaction de "POLKOVNIK" lorsque le docteur Leonid ROSHAL arrive à l'intérieur de l'école  :

 

 

 

"Je ne suis pas malade, je n'ai pas besoin d'un médecin...»

     Docteur Leonid ROSHAL                                      Vladimir RUSHAILO

"RASHAILO" désignait probablement Vladimir RUSHAILO qui occupait un poste de secrétaire du Conseil de sécurité de Russie, jusqu'en Mars 2004 et qui a été activement impliqué dans la lutte contre le terrorisme dans le Caucase du Nord.

 

Plan rapproché de la note

Malheureusement, Larisa MAMITOVA, n'a pas rédigé correctement le n°de téléphone, empêchant ainsi les membres du "Quartier Général" de rentrer en contact avec les terroristes.

 

Une tentative de contact est faite en envoyant le négociateur du FSB, Valery ZANGIONOV et le Mufti d'Ossétie du Nord, Ruslan VALGASOV, équipés d'un puissant haut-parleur.

 

La tentative échoue : les terroristes ouvrent le feu dès qu'ils les voient tout les deux approcher du bâtiment (personne n'est blessé).

 

Valery ZANGIONOV, négociateur du FSB

Les terroristes continuent à tirer de temps en temps tout autour du périmètre assiégé : mais ce ne sont pas des raffales d'armes automatiques en continu, comme certains journalistes les décriront plus tard...

 

Le but de ces coups de feu est de maintenir un "périmètre de sécurité" tout autour de la zone assiégée et de garder tout le monde à bonne distance...

 

Vers 15h00 heures, à l'aide d'un lance-grenades, ils tirent dans un appartement du bâtiment 39 situé dans une rue adjacente à l'allée de l'école.

 

 

Sur la droite, la fumée sortant de l'appartement touché par le lance-grenades. Au centre, le gymnase bondé d'otages.

 

Vue de face du bâtiment n°39 touché par le lance-grenades.

Vers 16h00 une explosion est entendue à l'intérieur du bâtiment. C'est une des femmes kamikazes qui vient de se faire exploser dans une des classes du 1er étage, tuant plusieurs hommes-otages forcés, depuis 10h00 du matin environ, de barricader le bâtiment avec des chaises, des bureaux et des livres.

 

Parmi les morts, il y a un homme âgé de 71 ans, Ivan KARLOV, le technicien-chauffagiste de l'école. Lors de la prise d'otages, il réussi à cacher environ 15 personnes dans une petite pièce se trouvant dans la chaudière, mais il est pris en otage à son tour.

 

Les 15 personnes cachées dans cette pièce s'échapperont, avec succès, plus tard dans la journée.

 

 

 

 

Ivan Ilyich KARLOV, un homme ordinaire, un héros extraordinaire.

Ivan Ilyich KARLOV

Des otages ont signalé que, peu de temps avant l'explosion de la femme kamikaze, ils l'ont entendu crier :

 

 

 

«Vous m'aviez dit que ce serait le commisariat de police !

 

Je ne vais pas aller à l'encontre d'enfants ! "

 

 

 

 

Comme dit plus haut, certains terroristes n'avaient aucune idée de la cible qu'ils allaient attaquer. POLKOVNIK et BASSAIEV ont joué la carte de la "sécurité maximum" pendant la phase de planification afin de ne laisser aucune information fuiter, sous peine de mettre la mission en péril.

 

Parties du corps de la femme kamikaze
Tête de la femme kamikaze.
Les murs ensanglantés suite à l'explosion de la bombe portée par la femme kamikaze.

Quand la femme kamikaze explose, un terroriste du nom de Moussa TSETCHOYEV, qui se tient à côté d'elle, est mortellement blessé.

 

Les déclarations concernant le fait qu'il se serait lui aussi rebellé contre "POLKOVNIK", sont totalement spéculatives car il n'y a tout simplement personne pour confirmer cette information.

 

Le cadavre de Moussa TSETCHOYEV

Les hommes otages qui survivent à l'explosion de la femme kamikaze sont  achevés par armes à feu. Deux hommes reçoivent l'ordre de jeter les cadavres par la fenêtre.

 

L'un d'eux, Aslan KUDZAYEV, âgé de 33 ans, comprend qu'il va être le prochain sur la liste... Alors qu'un des terroristes remplace le chargeur de son arme automatique, Aslan KUDZAYEV saute la tête la première par la fenêtre...

 

Le terroriste lui tire dessus, mais le rate. Aslan KUDZAYEV se cache et parvient plus tard à s’échapper sous couvert d'une grenade fumigène lancée par l'un des soldats qui était sur les lieux.

 

Sur cette photographie, on voit Aslan KUDZAYEV s'enfuir (dans le cercle rouge). Sur la droite, le fumigène pour aveugler les terroristes. La femme et la fille de Aslan KUDZAYEV, ont également survécu.
Aslan KUDZAYEV
Les hommes executés et jetés par la fenêtre de l'une des classes du 1er étage

Les terroristes qui attendent l'appel téléphonique des autorités prennent peur. Finalement, ils envoient à nouveau la femme-otage Larisa MAMITOVA en émissaire avec, cette fois-ci, un numéro de téléphone correct. Les terroristes ne font aucune demande : ils réitèrent juste celles déjà exprimées dans la première note.

 

Ils demanderont plus tard à inclure Aslambek ASLAKHANOV, conseiller de Vladimir Poutine sur le Caucase du Nord.

 

La «Quartier Général» tente d'établir le nombre d'otages retenus. Les chiffres qui circulent dans la foule varient mais aucun d'eux n'est correct.

 

Les inspecteurs du MVD (Ministère des affaires intérieures) partent en ville pour demander aux gens si leurs parents sont à l'intérieur de l'école.

 

Les familles ajoutent des noms aux listes d'otages.

Inutile de dire que cette méthode est inefficace : beaucoup de gens ne savent pas si leurs parents sont à l'intérieur ou non ; certains noms sont enregistrés plusieurs fois, par différentes personnes, alors que d'autres n'ont pas du tout été enregistrés.

 

En fin de compte, la liste était composée de plus de 3000 noms.

 

Un processus long et fastidieux commence : faire les comparaisons et les rapprochements nécéssaires pour l'établissement d'une liste la plus exacte possible. Il faut mettre en évidence les "répétitions" et les erreurs de noms.

 

Cette difficulté majeure sera à l'origine d'un "scandale" : le gouvernement aurait tenté de minimiser la situation en sous évaluant le nombre d'otages retenus dans l'école...

 

 

La véracité de ce "scandale" sera abordée et commentée plus loin dans l'enquête...

 

Un nom "MALIKIYEV Arsen" ( "Маликиев Арсен" ) apparaît 4 fois ( ! ) sur la même page ( ! ).
Plan rapproché sur la liste des noms.

Dans la deuxième moitié de la journée, différentes unités  militaires et de maintien de l'ordre arrivent à Beslan. Un cordon de sécurité est mis en place autour de l'école.

 

Par la suite, il ne s’avérera que partiellement efficace et puis à la fin, totalement inefficace...

Le "cordon de sécurité" sur la rue OKTYABRSKAYA ( "Rue d'octobre" ) à environ 200 mètres de l'école.
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