Les archives de Beslan
Les archives de Beslan

Nombre de visites

depuis le 01.02.13

 

.

à l'association

humanitaire

 

Solidarité Enfants de Beslan


 


Beslan, 03 septembre 2004

 

 

AVERTISSEMENT

 

le contenu de l'enquête qui suit comporte des photographies extrêmement violentes et perturbantes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des personnes non averties.

 

Nous déconseillons fortement le visionnage de cette enquête en présence d'enfants ou de personnes sensibles.

 

 

 

 

Tôt le matin, deux des dix groupes de combat de l'unité spéciale du FSB, quittent la ville pour aller aux terrains d'entraînement de la 58eme armée, afin de travailler sur la coordination du sauvetage et d'une intervention armée.

Les otages déambulent comme des zombies et n'écoutent plus les menaces ni les ordres des terroristes. Ils ne sont même plus effrayés par les coups de feu tirés au plafond; jusqu'à présent, c'était le moyen le plus efficace, dont se servaient les terroristes, pour garder les gens au calme.

 

 

 

Des survivants diront plus tard qu'ils priaient pour que les bombes explosent, mettant ainsi fin à leur souffrance.

 

 

 

Les terroristes deviennent complètement fou. Il semble qu'ils attendent "un ordre" de l'extérieur, mais rien ne vient...

 

On ne sait toujours pas aujourd'hui, si les directives attendues par les terroristes ont été "bloquées" par leur propres complices ou bien, si ce sont les services spéciaux russes qui ont réussi à les «court-circuiter».

 

Il est un fait connu, cependant, qu'un terroriste saoudien, Abou ZEIT, l'un des cerveaux de la prise d'otages de Beslan, avait un groupe de réserve «en attente», qui devait attaquer une école dans le village NESTEROVSKAYA, en Ingouchie.

 

Une partie de ce groupe de réserve sera neutralisée en mars 2005, scandalisant certains "défenseurs des droits de l'homme".

 

OUI, dans le cas où vous ne le sauriez pas: beaucoup de "défenseurs des droits de l'homme" ont de l'empathie pour les terroristes ! Ils les appellent les «rebelles» ou «les combattants de la liberté», et ils élèvent fortement la voix quand un terroriste est mis hors d'état de nuire...

 

Abou ZEIT, alias "Petit Omar", alias "Abou Omar du Koweit"

Tard dans la nuit du 02 au 03 septembre, les terroristes déplacent certains otages : les plus âgés et les plus faibles sont emmenés dans la salle de musculation, à côté de la salle de gym principale. Les fenêtres sont brisées et permettent à l'air frais de rentrer. Il faut garder à l'esprit que les fenêtres de la salle de gym principale sont fermées tout le temps, qu'il y a 1000 personnes qui se trouvent dans une chaleur étouffante et qui ne sont pas autorisées à aller aux toilettes...

 

Comment imaginer pareille situation? ...

La salle de musculation

Le 03 septembre au matin, les terroristes déplacent des E.E.I. (Engins Explosifs Improvisés) et les positionnent dans la salle de musculation, qui était jusqu'à présent exempte de mines anti-personnel. Cette salle se trouve juste à coté du gymnase.

 

Dans le gymnase principal, ils déplacent les E.E.I. plus près des murs mais, de toute évidence, font une erreur en re-câblant la chaîne explosive. Finalement, cette erreur sauvera des centaines de vies.

 

En outre, Kazbek MISIKOV, père de deux enfants et ancien sapeur (du génie de combat), réussi à arracher discrètement un des câbles de connexion.

 

Kazbek MISIKOV

Autour de 12H00, le président Alexandre DZASOKHOV appelle Akhmed ZAKAÏEV à Londres.  Akhmed ZAKAÏEV dit qu'il a bien transmis le message à Aslan MASKHADOV, mais qu'il ne dispose que d'une ligne de communication à «sens unique» avec le président d'Itchkérie.

 

Aslan MASKHADOV ne contactera jamais le «Quartier Général»...

 

Il restera dans la clandestinité, quelque part sur le territoire de la Tchétchénie.

 

 

Après cela, tout est fini...

 

 

Akhmed ZAKAÏEV commence à donner des interviews en affirmant que :

 

"Aslan MAZKHADOV est prêt à venir mais qu'il demande des garanties pour sa sécurité"

 

 

 

Tout cela se tranformera plus tard en "légende" populaire...

 

 

 

Une heure avant la conversation entre Alexandre DZASOKHOV et Akhmed ZAKAÏEV, Mikhail GUTSERIEV, un homme d'affaires milliardaire ingouche qui a été invité à participer aux négociations (il est rapidement établi qu'une partie du groupe des terroristes est d'origine ingouche) parle avec les terroristes qui autorisent le Ministère des Situations d'Urgence (MSU) à faire venir un camion pour ramasser les corps des hommes exécutés le premier jour de la prise d'otages. Les terroristes leur imposent des conditions strictes: les ridelles du plateau du camion doivent rester abaissées. Quatre personnes arrivent avec le camion, deux dans la cabine, deux sur le plateau à l'arrière.

 

Mikhail GUTSERIEV

Vers de 12H45 le camion s'approche de l'école, avec les quatre employés du MSU. Un terroriste sort par la porte principale et fouille les quatre hommes. Quelques terroristes surveillent depuis les fenêtres de l'étage.

 

A 13H05 une gigantesque explosion secoue le bâtiment du gymnase principal ainsi que la ville entière. Environ 23/25 ​​secondes plus tard, une autre explosion, beaucoup plus puissante encore, retentit. Les terroristes ouvrent le feu sur les hommes du MSU, tuant deux personnes, Dmitry Ivanovich KORMILIN et Valery Valentinovich ZAMAREV, et en blessant deux autres.

Dmitry Ivanovich KORMILIN a été décoré, à titre posthume, de l"Ordre du Courage".

 

Valery Valentinovich ZAMAREV a été nommé, à titre posthume, "Héros de la Russie", la plus haute distinction de bravoure russe.

 

La mine anti-personnel MON-90 que l'on voit ici, est la première à exploser. (Image extraite de la vidéo prise par les terroristes)
La mine anti-personnel MON-90 se trouvait là... La porte en haut à droite est la sortie menant à la cour d'école où ont eu lieu les festivités le 1er jour.

Pratiquement toutes les personnes qui se trouvent assises à proximité de la mine sont tuées sur le coup. Les survivants ont de lourdes commotions, d'importants dégats de barotraumatismes*, sans oublier d'importantes blessures infligées par les milliers de fragments métalliques contenus par la mine.

 

Puis, environ 23 à 25 secondes après, un deuxième souffle, extrêmement violent, parcourt le gymnase : Cette fois, tout un segment de la chaîne a explosé (environ 5 à 6 mines anti-personnel, la deuxième mine MON-90, la mine se trouvant dans le filet de basket-ball ainsi que la mine anti-personnel OZM-72 fixée au panneau de basket-ball)

 

 

*Un barotraumatisme est un accident touchant les tissus du corps humain. Il est causé par un changement de pression des gaz dans le corps. Les différentes zones qui peuvent être touchées : oreilles, sinus, poumons, yeux, dents et peau.

 

Ces deux mines anti-personnel faisaient partie de la deuxième explosion ... (image extraite de la video prise par les terroristes)
... preuves physiques de leur explosion.
La deuxième mine anti-personnel MON-90 ... (image extraite de la video prise par les terroristes)
... preuves physiques de son explosion.
Cerclée en rouge : une petite mine anti-personnel était fixée sur l'encadrement de la porte d'entrée du gymnase... (image extraite de la vidéo prise par les terroristes)
... preuves physiques de son explosion.
Traces laissées par les "bouteilles explosives".
Autres impacts d'une "bouteille explosive"
L'explosion simultanée de plusieurs engins explosifs improvisés fait sauter les chevrons du toit, faisant s'écrouler de grandes parties du mur de briques ainsi que les combles.

Beaucoup de théories existent concernant la raison des deux explosions.

 

L'une d'elles suggère que les explosions sont accidentelles. Mais les faits indiquent le contraire : la « chaîne explosive » a été mise en place avec des détonateurs électriques, c'est à dire que ces derniers ne peuvent être activés que par la réception d'une impulsion électrique.

 

Les 23 à 25 secondes d'intervalle entre les 2 explosions nous permettent de comprendre que la première explosion n'a pas inclus tous les E.E.I. (Engins Explosifs Improvisés) et qu'il y a eu une deuxième tentative de mise à feu.

 

 

 

La composition du groupe armé n'est pas uniforme : il y a des chefs expérimentés, des combattants bien entraînés et éprouvés au combat, des fanatiques qui sont venus pour mourir, et de la "chair à canon", c'est à dire des individus dont les tâches sont limitées à des fonctions de garde et qui ne sont pas du tout au courant du plan des dirigeants.

 

Très probablement, le plan des terroristes suggère un seul résultat "GAGNANT ou GAGNANT" :

 

Soit le «PLAN A»: leurs demandes sont satisfaites et ils en sortent gagnants.

 

Soit le «PLAN B»: leurs demandes ne sont pas satisfaites, ils font tout exploser et un nouveau conflit ethnique sanglant commence dans le Caucase du Nord, ils sont donc là aussi gagnants.

 

 

 

Il est très peu probable que le "PLAN A" soit sérieusement pris en considération, car les demandes sont totalement irréalistes. En 1998, la Russie a adopté une "loi anti-terrorisme", qui interdit de donner/échanger des citoyens russes en réponse aux exigences des terroristes.

 

Le retrait des troupes de Tchétchénie est une demande encore moins réaliste et Shamil BASSAÏEV ne peut, en aucun cas, s'attendre à ce qu'elle soit satisfaite.

 

Le scénario de la prise d'otages de BOUDIONNOVSK** n'est plus possible car il a très bien démontré que, céder aux exigences des terroristes ne fait que conduire à des milliers d'autres victimes.

 

 

Selon toute vraisemblance, le plan des "dirigeants-terroristes" est de maintenir les otages pendant trois jours, exacerber les "tensions ethniques" à l'exterieur, lancer un ultimatum inacceptable, refuser les négociations, faire exploser l'école et s'échapper dans le chaos.

 

 

 

** La prise d'otages de BOUDIONNOVSK commence le 14 juin 1995 et se termine le 19 juin 1995 dans la ville de BOUDIONNOVSK en Russie. Environ 200 séparatistes Tchétchènes prirent en otage 1 500 personnes dans un hôpital dans le cadre de la première guerre de Tchétchénie. La prise d'otage fit 129 morts et 415 blessés. Un rapport soumis au Conseil de l'Europe par la Russie en 2000 fait état de de la mort de 130 civils, 18 policiers et 18 militaires et de plus de 400 personnes blessées. (Source : Wikipedia)

 

 

 

Alors, des questions se posent :

 

- Pourquoi les terroristes acceptent de permettre aux agents du MSU (Ministère des Situations d'Urgence) de récupérer les dépouilles des hommes exécutés le 1er septembre ? Ces hommes sont morts et donc, ne les gênent absolument pas. Les terroristes les ont exécutés avec une telle facilité...

 

- Pourquoi demandent-ils un camion ?

 

La réponse est, que c'est pour une raison pratique qu'il faut faire sauter l'école : les terroristes ont prévu dans leur scénario que l'on allait forcément accuser les forces spéciales d'avoir commencé l'assaut et tué les otages. L'ampleur de l'explosion est prévue pour que personne ne puisse y survivre.

 

 

Ce scénario fourni plusieurs options aux terroristes :

 

- Des parents et des civils armés se précipitent dans l'école pour sauver leurs proches. Cela permet ainsi de se mélanger à la foule...

 

- Les autorités sont susceptibles d'être blâmées pour avoir fait déclencher les explosions.

 

- Une partie du groupe armé est Ingouche, il y a donc une possibilité que d'autres affrontements ethniques se produisent, les relations de l'Ossétie et de l'Ingouchie étant déjà tendues. C'est exactement ce qui leur est nécessaire pour déclencher une nouvelle guerre, car la résistance séparatiste tchétchène diminue rapidement...

 

 

Suite de l'enquête en préparation...

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Les archives de Beslan